Coopération, changement social, gestion participative, solidarité… La terminologie autour de l’Économie Sociale et Solidaire est loin d’être exhaustive. L’ESS désigne des pratiques très différentes, et ce vaste concept est difficile à délimiter. Quelle est cette mouvance actuelle, née de la synthèse de deux approches : l’économie sociale et l’économie solidaire ? Sur quelles valeurs est-elle fondée ?

Economie sociale et solidaire

L’économie au service du territoire

Cette “autre économie” est issue des différents mouvements du XIXe siècle, qui se sont constitués pour revendiquer plus de justice et d’équité. Elle s’est développée au XXe siècle dans tous les secteurs d’activité. Son objectif est avant tout de servir une cause à finalité sociale et/ou environnementale.

La différence avec l’économie classique réside surtout dans les valeurs véhiculées, centrées sur le partage et la solidarité. Elle prône une économie qui respecte l’homme et son environnement, qui prend en compte les besoins et les spécificités des territoires.

Cet ancrage local permet un développement tourné vers les habitants. Les bénéfices sur le terrain sont multiples. Outre le fait d’offrir une ressource d’emplois non délocalisable, il favorise un mode de consommation éthique et responsable par l’option des circuits courts. Il présente également un intérêt humain, en tissant un nouveau lien social et en recréant des ponts entre les individus d’une société.

Des valeurs fédératrices

L’Économie Sociale et Solidaire s’interroge sur la nature et le rôle de l’économie dans la constitution de notre société. Elle recherche une articulation cohérente entre le social et le politique. Le lien social non marchand et la volonté d’un “agir démocratique” en sont une finalité essentielle.

La notion d’éthique est relayée par des principes visant à privilégier la coopération plutôt que la concurrence :

  • la personne est au cœur de l’économie et la finalité sociale prime sur le capital ;
  • la gestion est démocratique (élection des dirigeants) avec des instances collectives de décision ;
  • la répartition des profits est réglementée ;
  • la gestion est indépendante des pouvoirs publics (ce qui n’exclue pas une coopération) ;
  • la mise en place des actions est guidée par la solidarité et la responsabilité.

L’économie sociale et solidaire : des métiers, des emplois

L’ESS associe des pratiques très différentes telles que le commerce équitable, le tourisme solidaire, l’agriculture durable, les services de proximité, la finance éthique. On y trouve tous types d’entreprises, qui fonctionnent sous trois formes juridiques spécifiques : coopératives, mutuelles et associations.

Ce mouvement, en pleine expansion, représente près de 2,3 millions d’emplois, soit 10,5 % de l’emploi salarié français. Chaque année, plus de 100 000 nouveaux emplois sont créés, et des millions de bénévoles s’y investissent.

Il concerne 12 branches et secteurs professionnels, soit environ 70 métiers. La progression de l’emploi est toujours ascendante, malgré la crise de 2008. Le potentiel reste prometteur, de par les départs à la retraite prévus dans les années qui viennent.

En prenant conscience du caractère non durable de notre mode de développement, ce concept humaniste œuvre pour les générations futures. Il milite pour une humanisation de l’économie, afin que l’être prime sur l’avoir. Régie par la loi du 31 juillet 2014, l’Économie Sociale et Solidaire est encadrée par un Haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation.

Annie LAMBALLE

L’Économie Sociale et Solidaire : comment la définir ?